« Mon rêve se réalise »

Cession des vaches laitièresTémoignages de satisfaction des bénéficiaires

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« Mon rêve se réalise »

Par avril 22nd, 2021 Dans Composante I, Info-lettre

« Nous vendons le lait des montbéliardes en forme crue. Nous le transformons aussi en yaourt, en buerre et en fromage.  Les pénuries de lait sont légion. Je n’ai plus besoin d’envoyer les employés collecter du lait dans les villages environnants.

Je nourris cette ambition depuis plus de 10 ans maintenant. J’ai commencé la production laitière avec les vaches locales. C’est une formidable débauche d’énergie pour obtenir un résultat proche de rien. J’ai donc choisi d’avancer avec des vaches laitières hybrides. Je suis allée les acheter dans la ville de Banyo. Les villageois avaient pu faire des croisements. Le résultat est désormais formidable. Deux vaches hybrides me produisent 35 litres par jour à Maroua, 20 en matinée et 10 en soirée. Mon rêve se réalise avec l’apport du gouvernement à travers le PRODEL et la Banque mondiale.

Si les hybrides me donnent au moins neuf litres de lait par jour, je n’ai pas peur d’avancer que ce chiffre est multiplié au moins par deux. D’ailleurs, c’est déjà le cas. Je récolte 20 litres de lait par jour. Mais il y avait un préalable. Il concerne les conditions d’eau et d’alimentation en abondance. Je suis formé et sais à quoi m’en tenir. Ce sont des vaches laitières exigeantes. Mes expériences auprès des autres éleveurs propriétaires des mêmes races en France et au Sénégal, je sais de quoi cela retourne. Il est hors de question de décevoir le gouvernement. C’est un acte très fort posé en faveur du monde rural. Notre souffrance était exacerbée à cause des importations du lait en poudre. Toutefois, le gouvernement ne doit pas nous abandonner. Nous avons besoin de continuité sur le plan du suivi technique et de la veille sanitaire. Il y va de la pérennité de nos fermes.

Les efforts fournis pour les premières vaches non-performantes suffiront à garantir du succès avec les montbéliardes. Nous avons choisi la race montbéliarde en raison d’un micro-climat identique avec le Sénégal. Il y a plusieurs races. Mais la montbéliarde s’adapte le mieux à notre environnement.  C’est bien d’avoir ces animaux. Mais leur entretien est draconien. Elles produisent en fonction de leur santé et de leur alimentation. Nous avons augmenté les espaces de champs fourragers ».