Strategic and Sector Context

Le Cameroun est un pays à revenu intermédiaire. Sa croissance a atteint 4,6% en 2012. Elle est estimée à 5,6 et à 5,9 % entre 2013 et 2015. Cependant, des indicateurs sociaux négatifs, des niveaux élevés et persistants de pauvreté continuent de caractériser le pays. Son Indice du développement humain, IDH, de 2014 reste faible. Le Cameroun est classé au 153ème sur 188 pays. Pourtant, le territoire est riche en ressources naturelles. Il bénéficie d’une main d’œuvre éduquée et d’un potentiel de développement ; lesquels demeurent inexploités.

Les régions septentrionales concentrent de plus en plus la pauvreté. L’insécurité, les taux de croissance démographique élevés, la dégradation de l’environnement, la malnutrition, l’isolement et de faibles taux de productivité sont comptables de ladite pauvreté.

Le Cameroun s’emploie de mieux en mieux à diversifier son économie. L’enjeu consiste à s’émanciper de la dépendance aux industries extractives (ex. le pétrole et le bois). Le pays ambitionne de promouvoir une base de croissance économique élargie. Le gouvernement a ciblé l’agriculture et l’élevage comme secteurs prioritaires pour lutter contre la pauvreté et asseoir la sécurité alimentaire. Près de la moitié de la population vit dans les zones rurales. Elles reposent sur le secteur agricole pour assurer leur moyen de subsistance. Dans ce sens, le secteur agricole (produits agricoles, élevage, pêche et forêt) joue un rôle significatif dans le développement socio-économique du Cameroun. Le secteur en question est un fournisseur de denrées alimentaires et d’aliments pour le bétail, employeur et générateur de revenus. L’agriculture camerounaise contribue environ 20 % au PIB, produit intérieur brut, et emploie près de 60% de la population active. L’agriculture apporte une contribution de près de 40% du total des exportations, à l’exclusion du pétrole.

L’élevage représente 13 % du PIB agricole. Il emploie 30 % de population rurale. Un tiers des ménages est tributaire du secteur de l’élevage. Il est reparti entre l’aviculture (85,9 %), l’élevage des moutons (55,1 %), l’élevage des chèvres (27,2%), l’élevage des porcs (23,3 %) et l’élevage des bovins (viandes et lait : 17,9 %). Les bovins, la volaille, les porcs et les petits constituent une source de revenus monétaires. Ces spéculations assurent la nutrition et la sécurité alimentaire. Les mêmes spéculations améliorent les conditions de vie des ménages en campagne. L’élevage joue également un rôle dans l’épargne des ménages. Il contribue surtout à la production des denrées agricoles grâce au fumier et à la traction animale.

Trois principales catégories de systèmes de production animale co-existent au Cameroun :

  • les systèmes pastoraux (extensifs : petits et grands ruminants) ;
  • les systèmes mixtes agriculture-élevage (sédentaires basés au niveau du village, soit traditionnels),
  • les systèmes commerciaux (essentiellement des entreprises semi-intensives périurbaines).

Les principaux acteurs en matière de production animalière sont de petits cultivateurs. Ils ont des élevages modestes. Il faut y adjoindre les exploitants de petits élevages et des entreprises du même domaine. Modestes, moyennes ou sérieuses, la plupart de ces organisations d’élevage sont dirigées par des hommes (80, 60 et 90,6% respectivement). Le niveau d’éducation des dirigeants le dispute le plus souvent entre le primaire et le secondaire.

La demande nationale en produits d’origine animale est supérieure à la production nationale. L’écart continue de se creuser. La production globale annuelle de viande est de 265 816 tonnes (volaille : 45%, bovins : 35%, petits ruminants : 7%, cochons : 13%). La production de lait, quant à elle, était estimée à 235 779 tonnes en 2013. La production d’œufs et de miel était d’environ 65 116 tonnes et 2 815 800 litres respectivement en 2013. Seule la production d’œufs semble satisfaire et parfois, dépasser la demande nationale. Le fossé pourrait continuer à se creuser pour nombre de raisons : la croissance démographique, des tendances d’urbanisation et de la croissance rapide de la classe moyenne.

En somme, l’élevage au Cameroun dispose du potentiel nécessaire pour contribuer de manière significative à la croissance économique ; laquelle devrait aider à alléger l’insécurité alimentaire, la malnutrition et à la création d’emplois. Passer du secteur d’élevage orienté essentiellement vers la subsistance à des pratiques plus commerciales offre des opportunités pour mieux intégrer les éleveurs dans les chaines de valeurs. Pour y arriver, il faudra, entre autres, des espèces améliorées, des services de calibrage, de stockage, de vente aux enchères, de vulgarisation, d’information sur les prix, de transport et de logistique.

Malgré le potentiel évident du pays en matière de développement du sous-secteur de l’élevage, une série de contraintes ont conduit à la faible productivité et production chez les éleveurs de subsistance au Cameroun. D’après le Plan directeur de l’élevage de 2009 et l’enquête pastorale 2012, les contraintes suivantes affectent toutes les chaines de valeurs sont entre autres :

  • une faible éducation des éleveurs ;
  • les contraintes sanitaires (prévalence des parasites et des maladies infectieuses qui affectent 70 % des cheptels) ;
  • la faible productivité des espèces locales ;
  • les services consultatifs de mauvaise qualité ;
  • l’accès limité au crédit/financement rural et
  • l’accès limité aux infrastructures de transformation et de commercialisation qui pourraient pourtant maximiser la valeur ajoutée pour les éleveurs.